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La Revue l'Educateur
Dossier : Pour les mêmes chances de réussite

Depuis 2003, le système éducatif algérien s’est lancé dans un processus de refonte pédagogique qui visait une approche un tant soit peu intégrale, c’est-à-dire englobant aussi bien les connaissances ou contenus, les savoirs – faire que les comportements et attitudes, en termes de savoir-être et savoir-vivre ensemble dans son temps et dans sa société. Cette configuration ambitionnait de reconstruire des réponses face à des problématiques sociétales complexes, à un système fortement secoué par deux décennies d’instabilité et de crises, d’interrogations et de préoccupations légitimes d’une société et d’une institution scolaire en plein questionnement sur elle-même et ses perspectives. Le Président installa en mai 1999 la Commission nationale pour la réforme du système éducatif (CNRSE), chargé de lui remettre un rapport portant sur un projet de refonte du système national d’éducation et de formation.En 2008 fut signée la loi d’orientation sur l’éducation nationale.

L’étape la plus récente de ce processus a été l’élaboration de nouveaux curricula et programmes ; une élaboration plus globale, dite programmes de « deuxième génération », lesquels ont été mis en œuvre lors de la rentrée 2016. Cette appellation a été adoptée pour assurer une continuité et non une rupture avec les anciens curricula et programmes. Au-delà des commentaires médiatiques que ces curricula suscitent et continueront de le faire, au grand bonheur des responsables du Ministère de l’éducation nationale, ils ont l’avantage de présente rin fine le profil de sortie que l’école algérienne a POUR mission de construire à l’issue de l’enseignement obligatoire et cela, conformément aux projections contenues dans la loi d’orientation sur l’éducation de 2008.Des orientations à dimension axiologique caractérisent le contenu de la présente loi d’orientation, centrées sur des valeurs que la société algérienne souhaite transmettre à ses enfants. D’autres à caractère méthodologiques et didactico-pédagogiques sont centrées sur le renforcement des langages fondamentaux et la culture citoyenne, avec point focal le cycle fondamental obligatoire, en particulier le cycle primaire.
Deux logiques semblent structurer l’entreprise de consolidation de la réforme de l’école : une externe et l’autre interne, tout en étant conscients des interactions qu’elles provoquent, en dernière instance, dans l’élève et citoyen d’aujourd’hui.
C’dire que tous les systèmes éducatifs dans le monde vivent des moments de bouleversements, eu égard aux considérations géopolitiques, aux menaces sur la stabilité des sociétés et à l’intrusion des contenus auxquels accèdent sans contrôle ni mesure les jeunes, par le canal des réseaux sociaux sur internet.
Le temps de la maturation des flux informationnels n’est plus le même qu’il y a un certain temps, face à des systèmes éducatifs, peu réactifs aux innovations technologiques et aux accélérations de type procédural dans le maniement des équipements et moyens de plus de plus sophistiqués.
L’école est appelée à se re/sémantiser, sous peine de perdre le sens de l’action éducative. Etant désormais sur le fil du rasoir, l’institution scolaire et ses acteurs sincères les plus engagés, sont appelés à se ressourcer dans les ressorts scientifiques et critiques des démarches pédagogiques, puisant des savoir-faire aussi bien dans le patrimoine culturel national qu’universel, dans les expériences innovantes en mesure d’être transférées dans des situations locales ou localisées, en fonction des besoins des enseignants et des aspirations de leurs élèves.
Les missions de l’école embrassent un éventail de valeurs aussi bien nationales qu’universelles, comme le montre l’extrait de la loi d’orientation de 2008 :

C’est en fonction de ce profil que sont déterminées les compétences qui doivent être acquises dans chaque discipline au cours de chaque année de l’enseignement primaire et de l’enseignement moyen.Mais il reste à déterminer les démarches à mettre en œuvre pour faire acquérir ces compétences par les élèves.
L’analyse du champ de l’éducation national actuel a fait émerger, lors des différentes conférences nationales sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme, une analyse des besoins en nombre trop important, exprimés à la fois par les personnels de l’éducation que par son environnement.
Deux problématiques se posent à l’école fondamentale : la déperdition scolaire et la généralisation du préscolaire.
Le taux de redoublement relevé à l’issue du premier palier (2ème année primaire), avec une moyenne nationale de 10% est une alerte à prendre très au sérieux, car cette situation installe un sentiment d’échec chez les élèves concernés. Un sentiment qui peut les suivre toute leur scolarité.
L’éducation préscolaire est d’une durée de trois ans avec une dernière année consacrée à l’enseignement préparatoire. Selon la Loi d’orientation le préscolaire n’est pas obligatoire. Cependant, la loi d’orientation en définit les contours de son développement.

« Nonobstant le caractère non obligatoire de l’éducation préscolaire, l’Etat veille au développement de l’éducation préparatoire et en poursuit la généralisation avec le concours des institutions, administrations et établissements publics, des associations ainsi que du secteur privé».

Au titre de ses engagements internationaux, l’Algérie est redevable dans la généralisation du préscolaire. Les projections du MEN fixe à 2018 sa totale généralisation. De la sorte, notre pays aura respecté la Déclaration d’Incheon / Éducation 2030 qui affirme:

« Nous encourageons également la mise en place d’au moins une année d’enseignement pré-primaire de qualité, gratuit et obligatoire, et recommandons que tous les enfants aient accès à des services de développement, d’éducation et de protection de la petite enfance de qualité. En outre, nous nous engageons à offrir des possibilités pertinentes d’éducation et de formation aux très nombreux enfants et adolescents non scolarisés qui requièrent une action immédiate, ciblée et suivie, afin que tous puissent aller à l’école et apprendre».

Vers une éducation inclusive et équitable de qualité et un apprentissage tout au long de la vie pour tous

Facteur essentiel de démocratisation de l’éducation, la prise en charge de l’éducation préscolaire et sa progressive généralisation, notamment au profit de tous les enfants et parmi eux les plus défavorisés, est une démarche à inscrire dans une logique de qualité et d’équité du système éducatif algérien.
Il n’est pas exagéré de signaler que les élèves entrant en 1ère année primaire n’accèdent pas à l’école avec les mêmes chances de réussite, comme le montre la couverture nationale en matière de prise de l’enseignement préscolaire et qui affiche les disparités de son implantation sur le territoire national, en dépit des efforts colossaux réalisés par les cadres de l’éducation nationale à l’échelle locale. La conviction étant que l’entame d’une scolarité normale, dès le premier palier du cycle primaire, a pour préalable l’intégration du préscolaire dans l’architecture du système éducatif algérien
La priorité pour le cycle primaire, tant du point de vue institutionnel, pédagogique, infrastructurel que matériel est le point focal de la politique éducative du MEN, eu égard à sa place et son importance, quantitative et qualitative, dans la construction des premiers apprentissages des élèves.
Un des leviers les plus évoqués lors des travaux d’évaluation de la réforme de l’école, est la professionnalisation des personnels du secteur par la formation, tous corps confondus, en fonction des éléments les plus pertinents sur les tendances qualitatives mondiales de l’évolution pédagogique et des innovations technologiques.
Le programme d’action du Ministère 2016-2018, adossé au cadre de référence politique qu’est la loi d’orientation sur l’éducation nationale 08/04 du 25 janvier 2008 :
- vise la consolidation et l’approfondissement du processus de la réforme du système éducatif entamée en 2003 ;
- considère que le défi principal auquel l’école algérienne d’aujourd’hui est confrontée demeure celui de la qualité.
Toutes les actions, dès lors, contenues dans le programme de formation, portent sur le redéploiement du système éducatif à partir d’indicateurs de qualité, portés par les trois leviers de la réforme : la refonte pédagogique, la gouvernance et la professionnalisation des personnels par la formation.
Pour ce faire, toutes les structures et instances du Ministère de l’éducation nationale, mobiliset leurs efforts pour un changement de paradigme (« Cap sur la qualité »), sur les modalités multidimensionnelles du saut qualitatif à imprimer à l’école algérienne et cela, à la lumière de trois postures institutionnelles de travail.
Cette typologie des professionnalités, contenues dans les produits de formation, touche plusieurs domaines : conception des programmes et curricula, des manuels et documents d’accompagnement, de la médiation et du pilotage des établissements, de l’évaluation pédagogique continue et des acquis, anthologies littéraire scolaires dans les trois langues, ateliers d’écriture créative, etc. , implique nécessairement de former les personnels à l’acquisition de compétences institutionnellement définies : le modèle du professionnel ne se réduit plus à une académisation de la formation, mais à une culture professionnelle, requérant ainsi la mise en dialogue des différents savoirs professionnels mobilisés dans les différentes compétences nécessaires à l’exercice de l’activité.
Pour ce faire, les produits de formation réalisent des procédures de travail originales alliant une mise à niveau théorique, une prise en compte des contextes locaux à l’effet de coller à la réalité de terrain et un mode de gestion de la formation impliquant, forcément, la technologie éducative, eu égard à l’immensité du territoire national.
L’ouverture à de nouvelles problématiques, à une exigence de professionnalité devenue de plus en plus évidente pour toutes les composantes de la communauté, a permis de monter des dispositifs de formation mettant conjointement plusieurs dynamiques :
- une combinaison subtile et productive entre présentiel et à distance (plate-forme collaborative) ;
- une articulation entre action et recherche, un va-et-vient entre le niveau conceptuel et ses déclinaisons opérationnelles sur le terrain.
Ces documents appelés « livrets de formation » sont le produit d’une intelligence et pratique collective entre un sous-bassement expert, dans une perspective disciplinaire ou interdisciplinaire, et un retour de terrain en guise d’application, d’expérimentation et d’évaluation.
En conclusion, l'analyse du champ de l'éducation nationale actuel a fait émerger, lors des différentes conférences nationales sur l'évaluation de la mise en œuvre de la réforme, un relevé des besoins en nombre trop important, exprimés à la fois par les personnels de l'éducation que par son environnement. Toutes les actions, dès lors, contenues dans le Programme National de formation, portent sur le redéploiement du système éducatif à partir d'indicateurs de qualité, articulés sur les trois leviers de la réforme: la refonte pédagogique, la gouvernance et la professionnalisation des personnels par la formation.

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