Toute société, en quête de sens, a finalement l’école qu’elle mérite

Date 19/02/2013 15:14:37 | Sujet : Editorial


par: Brahim LALIBI
Directeur Du Centre

Il peut sembler paradoxal de s’interroger sur le sens de l’école primaire, lequel a été résumé de tout temps par ces deux concepts : éduquer et instruire. Cela ne signifie pas seulement transmettre des savoirs, mais c’est surtout donner la capacité, grâce à ces savoirs et à leur compréhension en profondeur et grâce aussi à un jugement éclairé, loin de tout conditionnement. C’est à dire, former un citoyen lucide, critique et responsable.
L’objectif est d’apprendre à l’enfant à reconnaitre ce qui le distingue des autres et à se faire reconnaitre comme personne, à vivre avec les autres dans une collectivité organisée par des règles, à comprendre ce qu’est l’école et quelle est sa place dans celle-ci. Devenir élève, relève d’un processus progressif qui demande surtout, à l’enseignant du savoir faire, de l’écoute et de la rigueur. Or aujourd’hui il n’en va pas ainsi, plusieurs acteurs semblent concurrencer l’école sur le terrain du savoir (la révolution du numérique entre autres…). Il faut peut être souligner que cette spécificité s’est estompée au fil du temps et l’école, malgré elle, a cessé d’incarner à elle seule l’idéal scolaire.
Donner aujourd’hui à chaque enfant les clés du savoir et les repères de la société dans laquelle il grandit est la première des exigences et l’unique ambition de l’école primaire.
L’école primaire n’est pas une simple étape de la scolarité, c’est la clé du succès de toutes les autres. Elle construit les fondements d’une formation menant chacun à une qualification, et qui se prolongera tout au long de la vie.
Elle doit avoir des exigences élevées qui mettent en œuvre à la fois mémoire et faculté d’invention, raisonnement et imagination, attention et apprentissage de l’autonomie, respect des règles et esprit d’initiative.
C’est en proposant aux élèves un enseignement structuré et explicite, orienté vers l’acquisition des savoirs de base, et en leur offrant des entrainements systématiques à la lecture, l’écriture, la maitrise de la langue et des mathématiques, ainsi que de solides repères culturels, qu’on les préparera à la réussite.
Les choix pédagogiques, aujourd’hui, induisent une responsabilité, leurs exercices supposent aussi des capacités de réflexion sur les pratiques et leurs effets.
Notre erreur, c’est d’apprendre aux enfants que les livres sont les trésors de la pensée, qu’ils contiennent tout l’héritage du passé. Et si l’incompétence est si répandue, cela ne tient pas à un manque d’instruction reçue. Quand on cherche la cause de cet état de chose, on ne saurait trop insister sur la part à accorder à une défiance précoce de l’enfant envers l’école et le savoir qui s’y rattache.
Car il faut, en effet, toujours se méfier des gens de bonne volonté qui font le maximum, cela n’est guère un axiome de réussite, des lors que la bonne volonté ne remplacera jamais la compétence.

Le Directeur
Lalibi Brahim




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