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La Revue l'Educateur
Lu pour Vous : En histoire-géographie

Thierry Couet
Lycée Raymond Naves, 31500 Toulouse
L’article qui suit n’a surtout pas la prétention de faire le point sur les nouvelles technologies et l’histoire-géographie. On n’y trouvera pas une liste de possibilités techniques ou d’exemples de réalisation mais seulement quelques réflexions très subjectives d’un enseignant témoignant de son expérience en la matière.
Prenons d’abord le cas d’un établissement où le professeur dispose d’un seul ordinateur dont il peut projeter l’écran aux élèves (sur écran télévision ou à l’aide d’une tablette de rétroprojection, peu importe). A première vue, il n’y a guère de différence par rapport à une projection fixe classique (diapositive ou rétroprojection) : l’élève est soit consommateur passif de l’écran s’il s’agit d’une projection illustrant un discours magistral, soit acteur volontaire (ou non) d’un commentaire oral ou écrit fixé par le professeur. Seule la nouveauté du matériel peut, pour un court moment, susciter plus d’intérêt qu’un projecteur de diapositives que, pourtant, l’on préférera à l’ordinateur pour la qualité des images. Attention, l’intérêt de l’ordinateur dans ce cadre n’est pas nul : il y a des documents qui ne sont pas disponibles sur d’autres supports que l’informatique (les cédéroms pour ne prendre qu’un exemple).


Passons maintenant aux petits veinards qui sont dotés d’une salle où les élèves peuvent régulièrement tapoter sur un ordinateur (ils tapoteront bien souvent à deux). Quels changements vont-ils introduire dans leurs enseignements ?
Certes, la qualité du matériel utilisé va jouer un rôle : un appareil doté d’un lecteur de cédérom et d’une connexion à Internet a des atouts que les « vieux » 286 (pardon pour le jargon) ne possèdent pas. Lors des séances en salle d’informatique l’attitude des élèves est radicalement différente de celle observée dans un cours magistral et même dans une séance de travaux pratiques. Pourquoi ?
Tout d’abord parce que le travail sur la machine nécessite de chaque élève une activité effective : il faut produire un résultat individuel et facile à contrôler ; en bref l’informatique est dure pour les cancres volontaires.
Ensuite, les tâches à réaliser, même si elles sont encadrées par de strictes consignes, nécessitent de nombreuses interventions du professeur (gros travail des jambes) auprès de chacun. Ainsi, la relation enseignant-élève s’individualise beaucoup plus rapidement (au détriment du groupe classe) que dans un cours classique et permet, me semble-t-il, d’établir un climat de travail qui facilite les apprentissages.
Enfin, le rapport aux connaissances et les modalités de l’apprentissage se modifient. En ce qui concerne les connaissances, l’informatique nous permet de disposer d’une masse d’informations énormes (par ailleurs d’une fiabilité difficile à vérifier) et en comparaison, le savoir d’un individu, fut-il professeur est bien maigre. Nous pouvons donc nous consacrer avec les élèves au traitement des informations, domaine où notre rôle est fondamental. Pour ce qui est de l’apprentissage soulignons le poids de l’erreur dans le travail sur ordinateur. Il est paradoxal car d’un côté, l’erreur n’est pas permise : une fausse manipulation, une lettre de trop, une consigne suivie dans le désordre et tout se bloque, mais elle est inévitable (y compris pour le professeur).Beaucoup d’élèves (et d’adultes) supportent mal cette situation qui permet cependant d’apprendre une certaine forme de rigueur. Mais en même temps l’on peut recommencer sans avoir de reproches de la machine et la sanction (« le plantage ») n’a pas la dimension affective des réprimandes professorales. Mieux, une erreur corrigée permet de progresser dans le travail en permettant de franchir une étape-obstacle ; c’est l’erreur gratifiante. Vous pouvez objecter que les qualités décrites plus haut ne concernent en rien l’histoire-géographie, c’est exact. Alors ajoutons que les aspects disciplinaires existent. Des logiciels spécialisés ont été conçus, surtout en géographie où ils sont particulièrement satisfaisants, nous semble-t-il, par exemple en cartographie. Des cédéroms, de plus en plus nombreux offrent des présentations agréables et parfois bien faites sur de nombreux sujets. Le branchement au réseau internet permet l’accès à une foule de sources d’informations. Les possibilités sont donc nombreuses, à nous de les exploiter judicieusement.
Faut-il pour autant se précipiter systématiquement en salle d’informatique pour les cours d’histoire-géographie ? Cela n’est pas sûr. Un professeur d’histoire-géographie doit faire de l’histoire et de la géographie et n’utiliser les ressources de l’informatique qu’à bon escient, c'est-à-dire quand elles apportent à nos matières et à leur apprentissage, un supplément que l’on ne trouve pas ailleurs.

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